Conjonctivite :les signes, le déroulement et le traitement.

Lorsqu’une plaie gonfle, devient rouge et fait mal, cela peut être un signe d’inflammation. L’inflammation est, en général, une réaction du système de défense de l’organisme à un stimulus. Il peut s’agir d’agents pathogènes, mais aussi de corps étrangers tels qu’une écharde dans un doigt.

Les experts ne parlent pas seulement d’une inflammation lorsque, par exemple, une plaie est infectée par une bactérie, suppure ou guérit mal, mais déjà lorsque le corps essaie de combattre le stimulus nocif.

Réactions générales du corps

Si l’inflammation devient très grave, elle peut affecter l’ensemble de l’organisme. Une complication dangereuse très rare d’une inflammation est l’empoisonnement du sang (septicémie). Des frissons, une forte sensation de maladie et une très forte fièvre peuvent indiquer un empoisonnement du sang.

L’empoisonnement du sang peut se produire lorsque des bactéries prolifèrent à un endroit du corps et pénètrent soudainement dans la circulation sanguine en grande quantité. Cela peut se produire lorsque l’organisme est incapable de combattre une inflammation localement, que les agents pathogènes sont très agressifs ou que le système immunitaire est gravement affaibli. En cas de suspicion d’empoisonnement du sang, une aide médicale est requise d’urgence.

Que se passe-t-il lors d’une inflammation ?

De nombreuses cellules de défense différentes peuvent être impliquées dans une inflammation. Ils libèrent différentes substances, les médiateurs de l’inflammation. Il s’agit, par exemple, des hormones tissulaires bradykinine et histamine. Ils provoquent la dilatation des petits vaisseaux sanguins dans les tissus et permettent ainsi le passage d’une plus grande quantité de sang, par exemple pour une blessure. Pour cette raison, les zones enflammées deviennent rouges et chaudes.

Avec le sang, d’autres cellules de défense pénètrent également dans le tissu enflammé et soutiennent le processus de guérison. En outre, les hormones tissulaires provoquent une irritation des nerfs et l’envoi de signaux de douleur au cerveau. Il s’agit d’une fonction protectrice : si l’inflammation est douloureuse, la zone touchée est épargnée.

Les médiateurs de l’inflammation ont une autre tâche : ils rendent les parois des petits vaisseaux sanguins plus perméables, de sorte que les cellules de défense puissent plus facilement pénétrer dans le tissu affecté. Comme une plus grande quantité de liquide pénètre également dans les tissus en même temps que les cellules de défense, le gonflement typique peut se produire. Lorsque le liquide est retiré des tissus après un certain temps, le gonflement disparaît à nouveau.

Les muqueuses libèrent également des quantités accrues de liquide lors d’une inflammation. Cela se produit, par exemple, dans le cas d’une rhinite, lorsque les muqueuses du nez sont enflammées. La sécrétion nasale est destinée à chasser les virus du rhume de l’organisme.

Les inflammations peuvent également provoquer des maladies chroniques

L’inflammation n’est pas toujours bénéfique pour l’organisme. Dans certaines maladies, le système de défense cible par inadvertance les propres cellules de l’organisme et des réactions inflammatoires nocives se produisent.

Ces maladies sont des maladies inflammatoires dites chroniques, qui peuvent durer des années, parfois même toute une vie, à des degrés divers de gravité et d’activité.

Qu’est-ce que la conjonctivite ?

La  conjonctivite est une maladie très banale, qui touche beaucoup de personnes. Elle correspond à une infection de la membrane transparente (la conjonctive). Elle recouvre l’intérieur des paupières et tapisse une partie du globe oculaire, couvrant le banc de l’œil. Elle est souvent bénigne, mais doit être traitée.

Plusieurs causes

La conjonctives peut avoir plusieurs causes. Elle est en général due :

  • À un virus (adénovirus) ;
  • À une bactérie (staphylocoque, streptocoque, pneumocoque, Haemophilus) ;
  • Il existe aussi des conjonctivites d’origine allergique.

Œil gonflé, rouge, pus : reconnaître les symptômes

Toutes les conjonctivites se manifestent par une rougeur de l’œil et par une vision brouillée, comme lorsque l’on a pleuré. L’acuité visuelle n’est cependant jamais réduite. Selon l’origine de l’inflammation, d’autres symptômes peuvent apparaître, permettant d’en déduire la cause :

– En cas de conjonctivite allergique, les deux yeux sont atteints. Ils démangent, sont gonflés et larmoyants. Pour la traiter, il faut rechercher les causes de l’allergie, le plus souvent des pollens de graminées, d’arbres ou d’herbacées, et les traiter ;

– La conjonctivite d’irritation est due au contact survenu entre l’œil et un produit irritant, comme des collyres, des produits d’entretien des lentilles de contact, des shampoings, etc. L’œil devient rouge, elle entraîne des démangeaisons mais pas de sécrétions purulentes. Les deux yeux ne sont pas forcément touchés ;

– La conjonctivite virale provoque sensiblement les mêmes symptômes que la précédente, auxquels s’ajoute généralement un écoulement clair ;

– La conjonctivite bactérienne, en revanche, n’affecte généralement qu’un seul œil. Elle est le plus souvent due à un streptocoque ou un staphylocoque. La personne touchée a la sensation d’avoir un corps étranger dans l’œil et surtout, ses paupières sont collées au réveil par la sécrétion de pus.

À ne pas confondre avec d’autres maladies

Certains symptômes de la conjonctivite, notamment le rougeoiement de l’œil, peuvent avoir d’autres causes. Il est important de les identifier, car si la conjonctivite est bénigne, d’autres maladies, plus graves, peuvent endommager la vision et nécessitent un traitement en urgence.

À la différence de la conjonctivite, elles sont le plus souvent douloureuses et entraînent une baisse de la vision. C’est le cas notamment de :

  • La kératite (infection de la cornée) ;
  • L’uvéite (infection de l’uvée) ;
  • Le glaucome (augmentation de la pression interne de l’œil qui peut se traduire par des douleurs et une diminution du champ visuel).

En cas de doute, consultez rapidement votre médecin.

Les possibles complications

Le plus fréquemment, les conjonctivites, notamment virales, n’ont aucune gravité et disparaissent en quelques jours. Cependant, elles tendent parfois à se bilatéraliser (atteindre les deux yeux). C’est pourquoi il faudra utiliser de préférence un collyre par œil pour la traiter.

Non traitée, une conjonctivite expose à des risques de complications graves, comme une inflammation de la cornée, qui peut affecter la vision. Il est donc indispensable de consulter sans attendre votre médecin afin qu’il examine vos yeux et détermine la prise en charge.

Quels traitements ?

Le traitement de la conjonctivite dépend de sa cause :

– Si elle est d’origine allergique, il faut rechercher les allergènes en cause et éviter de s’y exposer. De simples collyres  à base d’antihistaminiques suffisent à traiter le problème ;

– Pour les conjonctivites d’irritation, il suffit généralement de rincer l’œil pour le débarrasser de la substance irritante. Le problème disparaît alors en moins de 24 heures. Si les yeux sont secs, des larmes artificielles permettent de diminuer l’irritation ;

– Comme pour toutes les infections dues à un virus, il n’existe aucun traitement contre la conjonctivite virale. Nettoyez votre œil (ou vos yeux) régulièrement à l’aide de sérum physiologique et essuyez-le(s) avec un mouchoir jetable ou une compresse stérile. Le froid apportant une sensation apaisante, vous pouvez appliquer des compresses d’eau fraîche. Si le virus en cause est le virus de l’herpès, le médecin peut éventuellement vous proposer des médicaments antiviraux ;

– Face à une conjonctivite bactérienne, un lavage des yeux au sérum physiologique associé à un antiseptique suffit dans la plupart des cas. Un collyre antibiotique n’est prescrit que dans les formes graves, avec photophobie, œdème de l’œil et des paupières, sécrétions purulentes importantes et baisse de la vision.

La conjonctivite chez le bébé

La conjonctivite à « Chalymidia trachomatis » des nouveau-nés

Certaines formes de conjonctivite sont plus graves. Pendant la grossesse,  l’infection à chlamydia peut être transmise de la mère à l’enfant et provoquer une conjonctivite à « Chlamydia trachomatis » chez le nouveau-né. Un défaut d’hygiène est souvent impliqué, qui peuvent être prévenues par le nettoyage des mains et disparaissent facilement lorsqu’elles sont traitées rapidement par application d’antibiotiques.

Quel traitement en cas de conjonctivite chez le bébé ?

Chez les nourrissons en revanche, toute conjonctivite doit être traitée par un antibiotique local. Comme il peut être difficile d’administrer des gouttes dans les yeux d’un bébé, il existe une pommade oculaire antibiotique à l’efficacité comparable.

Transmission de la conjonctivite : comment éviter de l’attraper ?

Qu’elle soit virale ou bactérienne, la conjonctivite est très contagieuse. Il faut donc être très attentif à ne pas transmettre le germe ou à ne pas l’attraper. Il suffit d’appliquer plusieurs mesures de précaution :

  • Lavez-vous soigneusement et régulièrement les mains au cours de la journée ;
  • Ne touchez pas vos yeux ;
  • Changez de serviette et de gant de toilette régulièrement (et si vous êtes contaminé, tous les jours jusqu’à la guérison) ;
  • Ne partagez pas votre linge de toilette avec autrui ;
  • Changez également vos draps et vos taies d’oreiller régulièrement (si vous êtes contaminé, tous les jours jusqu’à la guérison !) ;

Si vous êtes atteint(e) de conjonctivite, pensez à jeter vos produits de beauté ayant été en contact avec vos yeux et évitez de les prêter à vos ami(e)s.

Conjonctivite et lentilles de contact

En cas de conjonctivite, si vous portez des lentilles de contact, abandonnez-les quelques jours et portez vos lunettes jusqu’à complète guérison. Attendez 24h après la fin du traitement pour remettre vos lentilles. Utilisez une nouvelle paire si elles sont jetables et désinfecter les lentilles rigides avant de les remettre. Nettoyez régulièrement leur boitier à l’aide du liquide de conservation, séchez-le bien et changez-le fréquemment.

Dans tous les cas, évitez de vous frotter l’œil (ou les yeux), vous ne feriez qu’aggraver l’inflammation et risqueriez de contaminer votre entourage.

Qu’est-ce que la conjonctivite allergique ?

Lorsque l’allergène se répand dans l’air, rhinite et conjonctivite allergiques sont d’ailleurs souvent associées, provoquant écoulement nasal, éternuements et larmoiement. La conjonctivite peut être aussi isolée, notamment lorsqu’elle est liée à un produit directement en contact avec l’œil. Dans ce cas, les manifestations se limitent aux yeux, qui sont rouges, picotent, démangent et pleurent. La lumière est difficile à supporter (photophobie). Souvent les paupières sont rouges et gonflées, parfois collées le matin. Cependant l’intensité des signes est très variable d’une personne à l’autre.

Comment la reconnaître ?

Ces symptômes sont liés à une réaction des anticorps contre l’antigène (allergène) contre lequel la personne a développé une sensibilité. En cas d’allergie aux pollens de graminées, d’herbes ou d’arbres, les épisodes sont saisonniers, se répétant chaque année au printemps, à la fin de l’été et au début de l’automne. La conjonctivite est généralement associée, dans ce cas, à une rhinite, c’est le classique  » rhume des foins ». Lorsque ce sont des acariens ou des poils qui déclenchent les épisodes, la conjonctivite peut se reproduire tout au long de l’année. Chez l’enfant, il existe des conjonctivites printanières, forme particulière de conjonctivite allergique qui évolue par poussées saisonnières.

Si le diagnostic est facile lorsque la conjonctivite s’associe à une rhinite, qui transforme l’allergique en véritable fontaine, il est beaucoup plus délicat lorsqu’elle est isolée, surtout s’il s’agit d’un premier épisode. Les conjonctivites infectieuses, virales, notamment, très fréquentes, donnent des signes identiques. C’est souvent l’évolution qui conduit à suspecter l’allergie, lorsque la conjonctivite ne guérit pas ou récidive. Dans ce cas, comme devant toute suspicion d’allergie, il faut faire réaliser un bilan complet par un médecin allergologue.

Comment la soigner ?

Le premier traitement est l’éviction de l’allergène, lorsqu’elle est possible. Supprimer provisoirement le maquillage est un impératif devant tout œil rouge. La guérison de la conjonctivite et sa réapparition lors d’une nouvelle application permet d’identifier la substance responsable. La présence d’une allergie de ce type doit conduire à être vigilant dans le choix de ses cosmétiques.

L’éviction est beaucoup plus difficile, voire impossible, lorsque l’allergène en cause est un pollen, par exemple, ou les acariens. Dans ce dernier cas, il est indispensable de réduire au minimum la poussière, en évitant moquettes, tapis, couvertures en laine, et en maintenant une hygiène rigoureuse. Une désensibilisation peut également être tentée, à condition d’avoir bien identifié la cause de l’allergie.

Si les signes d’inflammation de l’œil sont intenses ou persistants, il est indispensable de consulter un ophtalmologiste avant de prendre des médicaments. Des collyres à base d’antihistaminiques ou de décongestionnant peuvent soulager les symptômes, sans guérir l’allergie. Dans les cas les plus sévères, des collyres de corticoïdes sont efficaces, mais ne peuvent pas être utilisés de façon prolongée. Ces produits ne doivent être employés que sous contrôle médical, car ils peuvent aggraver les infections, voire entraîner la perte de l’œil en cas d’herpès oculaire. Il est essentiel de jeter tout collyre commencé et non de le garder dans son armoire à pharmacie pour l’utiliser éventuellement lors d’un prochain épisode.

Enfin, il est important de savoir que les molécules contenues dans les collyres et les pommades ophtalmiques peuvent, elles aussi, provoquer des conjonctivites allergiques. Cette éventualité, assez fréquente, doit être évoquée chaque fois qu’un traitement oculaire entraîne irritation et démangeaisons, ou que l’affection traitée ne guérit pas, malgré les médicaments. L’arrêt ou le changement de traitement suffira alors à améliorer rapidement les symptômes.

Commander des gummies bio en ligne
Arthrose du cheval : guide pratique