Les cadres ont une meilleure retraite complémentaire, vrai ou faux?

retraite complémentaire

 Les régimes de retraite complémentaire Agirc et Arrco ont fusionné en 2019. Avant la réforme, le statut de cadre permettait de cotiser plus pour la retraite afin de percevoir, in fine, une meilleure pension de retraite complémentaire. Depuis la fusion des régimes il n’y a plus de distinction entre cadres et non cadres. Sauf exceptions, le salaire est maintenant le seul critère pour définir le montant des cotisations pour la retraite complémentaire.

Avant 2019, les cadres pouvaient mieux préparer leur retraite que les non cadres

Avant la fusion des régimes Agirc (retraite complémentaire cadres) et Arrco (retraite complémentaire tous salariés, cadres et non cadres), le statut cadre avait un gros avantage : il permettait une meilleure préparation de la retraite. En effet, avant le 1er janvier 2019, tous les salariés du secteur privé (ouvriers, employés, techniciens, agents de maîtrise et cadres) cotisaient à l’Arrco (association pour le régime de retraite complémentaire des salariés) jusqu’au plafond de la Sécurité sociale (la tranche 1 du salaire). Les cadres et les assimilés cadres cotisaient, en plus, à l’Agirc (association générale des institutions de retraite complémentaire des cadres) sur la tranche 2 du salaire (supérieure au plafond de la Sécurité sociale, et jusqu’à huit plafonds). À salaire brut identique, un cadre gagnait donc moins qu’un non cadre, car il cotisait plus pour la retraite. En contrepartie, il recevait une pension de retraite plus élevée. Dans certaines entreprises, des règles différentes de cotisation étaient aussi appliquées en fonction de la convention collective. Des cadres pouvaient bénéficier de taux de cotisation supérieurs à la valeur minimale prévue tandis que les non cadres cotisaient au taux minimum.

La fusion des régimes Agirc et Arrco a rebattu les cartes de la retraite complémentaire des salariés du privé

Rappelons qu’en France, la retraite complémentaire fonctionne par système de points. Chaque salarié dispose d’un compte personnel et il accumule des points tout au long de sa carrière. Le montant de la retraite complémentaire résulte de la multiplication du nombre de points par la valeur du point, fixée chaque année. Les conditions d’acquisition des points sont très bien expliquées sur agipi.com. Lors de la fusion des régimes, les points Agirc et les points Arrco des cadres ont été regroupés au sein d’un seul compte de points. Mais il ne s’agit pas là de la seule conséquence de la réforme. La fusion des régimes a réduit les avantages du statut de cadre en matière de retraite complémentaire. En effet, le statut n’entre plus en ligne de compte pour les cotisations affectées à la retraite complémentaire : les cadres et les non cadres cotisent de la même manière. Par ailleurs, les futurs cadres retraités percevront une seule pension complémentaire. Enfin, depuis la fusion, il n’est plus possible de mettre en place des différences en matière de cotisation, dans des entreprises ou dans des branches professionnelles. Cependant, pour les conventions collectives qui les prévoyaient avant la réforme, ces disparités peuvent perdurer.

Le salaire compte plus que le statut pour les cotisations de retraite complémentaire

On a vu précédemment qu’il n’existait plus de distinction en matière de taux de cotisation de retraite complémentaire entre les cadres et les non cadres. Et ceci depuis la fusion des régimes en 2019. Mais, si le statut ne joue plus, le salaire conserve, quant à lui, toute son importance dans la constitution de la future retraite complémentaire. En effet, la retraite d’un cadre ne sera pas la même que celle d’un ouvrier. Les cotisations de retraite complémentaire sont de 6,20 % pour la tranche 1 de salaire (la tranche 1 va de 0 à 1 fois le plafond de la Sécurité sociale) et de 17 % pour la tranche 2 de salaire (la tranche 2 va de 1 à 8 fois le plafond de la Sécurité sociale). Par exemple, pour un salaire annuel brut de 72 000 euros, le taux de cotisation est de 6,2 % sur 41 136 euros (plafond annuel de la sécurité sociale en 2022) et de 17 % sur 30 864 €. Généralement, un cadre est mieux rémunéré qu’un non cadre. Mais, ce n’est pas toujours le cas. Un ouvrier très spécialisé peut recevoir une rémunération supérieure à celle d’un cadre moyen débutant. Pour percevoir une pension complémentaire avantageuse au moment du départ à la retraite, il vaut mieux être non cadre avec un salaire élevé que cadre avec un salaire bas ! Le salaire compte plus que le statut.


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